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Pourquoi ne pas ouvrir sa caserne aux citoyens?

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Depuis quelques semaines, je suis heureux de constater sur Facebook que plusieurs de mes amis qui ne viennent pas du monde de la sécurité incendie se font un plaisir d’aller visiter en famille la caserne d’incendie de leur municipalité dans le cadre des activités entourant la semaine de la prévention des incendies au Québec. Par ailleurs, j’ai eu la chance de vivre de l’intérieur une des activités « portes ouvertes » à Rouyn-Noranda alors que j’y étais pour donner une formation aux officiers. C’est plus de 400 personnes qui ont bravé une journée grise et pluvieuse pour venir visiter la caserne du centre-ville. Les enfants étaient heureux, les parents avaient un répit pour quelques instants et les pompiers sur place étaient fiers et souriants. Une très belle activité avec les citoyens.

Alors pourquoi ce n’est pas tous les services de sécurité incendie qui ouvrent leurs portes aux citoyens cette semaine?

Est-ce par méfiance? Par manque de temps? Par manque de ressources? Ou simplement par ignorance?

Pourtant, on va s’entendre : La caserne appartient aux citoyens! Non seulement la caserne, mais les véhicules appartiennent aussi aux citoyens. Puis les équipements appartiennent aux citoyens. Parce que ce sont eux qui les ont payés… soit par le biais de leurs taxes municipales ou par le biais de levées de fonds. Les officiers et pompiers occupent un lieu de travail qui leur est prêté pour l’exercice de leurs fonctions mais ils n’en sont pas propriétaires. La municipalité l’est… et la municipalité, ce sont les citoyens. Ce sont d’ailleurs ces mêmes citoyens qui payent les salaires des officiers et des pompiers annuellement. On finit parfois par l’oublier.

Ouvrir les portes de sa caserne, c’est une chance de créer un contact direct avec son client… et son réel patron. C’est aussi la chance de montrer aux citoyens comment on prend soin et combien nous sommes fiers du bâtiment, des véhicules et de l’équipement qu’ils nous ont payés. En fait, c’est la chance de leur montrer de quoi ont l’air les équipements qu’ils ont payés avec de l’argent durement gagné et à quoi ils servent concrètement. C’est la chance de passer des messages de sensibilisation et d’éducation alors que les citoyens sont définitivement dans un meilleur état d’esprit pour écouter que lorsqu’on les dérange à la maison un soir d’été ou d’automne. C’est une chance de démontrer ses connaissances et sa maîtrise de techniques de sauvetage dans le cadre de simulations… question de rassurer ces mêmes citoyens chez qui on aura possiblement la responsabilité d’intervenir un jour. C’est une chance inouïe de recruter des nouveaux pompiers à temps partiel ou du moins, de semer l’idée dans la tête d’un jeune garçon ou d’une jeune fille de devenir pompier ou pompière lorsqu’il ou elle sera grand(e). Le recrutement, ça commence bien avant l’affichage de l’offre d’emploi…

En fait, ouvrir les portes de sa caserne est simplement de jouer le rôle de proximité pour lequel les pompiers ont toujours été reconnus et qui fait en sorte qu’ils sont, depuis toujours, les « gentils » dans la tête des gens. Transmettre sa passion aux citoyens n’a pas de prix et rapportera toujours à court, moyen et long termes à son service… mais ça, ceux qui font partie de la parade l’ont compris depuis déjà très longtemps!